Fille de l’eau
Le moment suspendu
Elle n’est ni en chute, ni en ascension. Elle est dans cet instant presque invisible où tout bascule. Le corps est replié, concentré, tourné vers l’intérieur. La tête s’incline, les bras s’ancrent. Tout semble retenu — comme si l’élan était déjà là, mais encore contenu.
Une immersion dans le vivant
Autour d’elle, le monde aquatique n’est pas décor : il est présence. Poissons, formes organiques, mouvements circulaires — tout enveloppe la figure, comme une matrice.
L’albâtre, avec sa lumière douce et diffuse, devient eau. Il ne reflète pas : il absorbe, il traverse. Il donne à la scène une qualité presque intérieure, comme si l’on regardait à travers la matière elle-même.
Descendre pour renaître
La sculpture ne représente pas une remontée — elle la prépare. Toucher le fond n’est pas une fin. C’est une condition. Une nécessité silencieuse. Dans ce repli, dans cette immersion totale, quelque chose se transforme.
Et déjà, dans la tension du corps, dans l’orientation du geste, on devine le mouvement à venir.
« Si tu ne descends pas, tu ne monteras pas. »
— Lao Tseu









